Comment les parcours des jeunes en situation de handicap évoluent-ils, de la scolarité à l’entrée dans la vie professionnelle ? Une nouvelle étude de l’Agefiph et du Céreq apporte un éclairage sur cette question en comparant les Générations 2010 et 2021. Si davantage de jeunes sont aujourd’hui scolarisés et bénéficient d’une reconnaissance administrative de leur handicap, les écarts avec l’ensemble des jeunes restent importants, tant dans les parcours scolaires que dans l’accès et le maintien en emploi.
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Des difficultés qui commencent dès la scolarité
En 2021, 13,8 % des jeunes déclarent un problème de santé, une maladie ou un handicap durable, tandis que 3,4 % bénéficient d’une reconnaissance administrative de leur handicap. Près de 80 % des situations reconnues apparaissent avant l’entrée à l’école ou au cours de la scolarité avant le baccalauréat.
Ces jeunes connaissent davantage d’interruptions d’études et sont plus souvent orientés vers des filières professionnelles ou adaptées. Ils quittent également plus fréquemment le système éducatif sans diplôme (26 %, contre 10 % pour l’ensemble des jeunes), ce qui rend leur accès à l’emploi plus difficile par la suite.
Un accès à l’emploi plus tardif et plus fragile
Les difficultés scolaires se prolongent dans les premières années de vie professionnelle. Le délai médian d’accès au premier emploi atteint 14 mois pour les jeunes reconnus handicapés, contre un mois pour l’ensemble de la génération.
Trois ans après leur sortie de formation, 42 % occupent un emploi, contre 75 % des autres jeunes. Ils passent également davantage de temps au chômage ou en inactivité et sont plus exposés aux discriminations, citées par 28 % d’entre eux.
Lorsqu’ils accèdent à l’emploi, leurs conditions d’insertion sont également moins favorables : leur premier emploi est moins souvent en CDI (37 %, contre 49 %) et leur rémunération est en moyenne plus faible.
Une reconnaissance du handicap en progression
Entre les générations 2010 et 2021, la part des jeunes bénéficiant d’une reconnaissance administrative du handicap est passée de 2 % à 3,4 %. Les troubles psychiques et psychologiques sont par ailleurs devenus les troubles les plus fréquemment déclarés : 41 % des jeunes reconnus handicapés les mentionnent, contre 14 % dans la Génération 2010.
L’étude montre ainsi que les difficultés peuvent s’accumuler de la scolarité à l’emploi, avec des conséquences sur le niveau de qualification, l’accès au marché du travail et la stabilité des parcours. Le diplôme demeure le principal facteur de sécurisation de l’insertion professionnelle, sans toutefois suffire à réduire les écarts liés au handicap.
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