Comment les actions de prévention mises en place dans les entreprises influent-elles sur les accidents du travail ? Une étude de la Dares publiée en octobre 2026 analyse cette relation et met en évidence une évolution plus favorable de la sinistralité dans les établissements ayant engagé de nouvelles actions de prévention.
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Des accidents plus fréquents dans certains secteurs et en présence de risques professionnels
En 2014, la fréquence des accidents du travail avec arrêt s’établit à 3,9 accidents pour 100 salariés, contre 3,6 en 2018. La construction et les services sociaux, sanitaires et éducatifs présentent une sinistralité supérieure à la moyenne. Les accidents sont également plus fréquents dans les établissements où les salariés sont davantage exposés à certains risques physiques et organisationnels, notamment la manutention de charges lourdes et les postures pénibles.
Les facteurs psychosociaux sont également associés à une fréquence plus élevée des accidents, notamment les tensions avec les collègues, la hiérarchie, la clientèle ou le public, ainsi que le travail dans l’urgence.
Les nouvelles actions de prévention associées à une baisse des accidents
L’étude met en évidence une évolution plus favorable de la sinistralité dans les établissements ayant mis en place au moins une nouvelle action de prévention en 2016. Entre 2014 et 2018, la fréquence des accidents a diminué de 0,5 point dans ces établissements. À l’inverse, elle a augmenté de 0,3 point dans ceux qui se sont limités à poursuivre les actions existantes et de 0,5 point dans ceux qui n’ont engagé aucune action nouvelle.
L’effet apparaît particulièrement marqué dans les petits établissements : dans ceux de moins de 10 salariés ayant engagé de nouvelles actions, la fréquence des accidents a diminué de 1,1 point entre 2014 et 2018.
Des mesures de prévention qui produisent des effets différents
Toutes les actions ne sont pas associées de la même manière à l’évolution de la sinistralité. La baisse la plus importante est observée après la mise à disposition de nouveaux équipements de protection individuelle (EPI), avec une diminution de 0,6 point de la fréquence des accidents. Le recours à une expertise extérieure ou la mise en place d’un nouveau plan de prévention sont également associés à une diminution de la sinistralité.
Les actions portant sur le stress et le mal-être au travail sont elles aussi associées à une baisse des accidents. Dans les établissements ayant mis en place ce type de mesures, la fréquence des accidents diminue de 0,4 point entre 2014 et 2018, contre une stabilité dans les autres établissements. Les audits externes, les procédures de résolution des conflits, l’aménagement des horaires ou encore la formation spécifique du personnel encadrant figurent parmi les actions associées aux baisses les plus importantes.
DUERP et représentation du personnel : des facteurs associés à une évolution plus favorable
Dans les établissements de moins de 50 salariés, l’étude observe également une évolution plus favorable de la sinistralité lorsque le DUERP est actualisé ou lorsqu’une instance représentative du personnel, notamment un CHSCT actif au moment de l’étude, est présente. Ces situations sont par ailleurs plus souvent associées à la mise en œuvre de nouvelles actions de prévention.
L’étude souligne ainsi l’intérêt d’une démarche de prévention structurée et régulière, particulièrement dans les petites entreprises, où les actions de prévention sont moins fréquentes alors que leur impact sur la sinistralité semble plus marqué.
À retenir : l’étude de la Dares met en évidence une association entre la mise en œuvre de nouvelles mesures de prévention et une évolution à la baisse de la fréquence des accidents du travail, avec des effets particulièrement visibles dans les petites structures. Elle souligne également l’intérêt d’agir sur l’ensemble des risques professionnels, y compris les facteurs liés au stress et au mal-être au travail.
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