Un salarié sur trois déclare avoir été victime de harcèlement au cours de sa vie professionnelle. Selon le deuxième baromètre réalisé par Ipsos bva pour Qualisocial et AvoSial, les chiffres restent stables depuis 2022, malgré une progression de la connaissance de la législation. L’identification des situations et le recours aux dispositifs de signalement restent notamment difficiles.
———
Une réalité toujours présente
L’étude* révèle que 33 % des salariés déclarent avoir subi une situation de harcèlement au cours de leur vie professionnelle, dont 15 % à plusieurs reprises. Ce résultat est proche de celui observé en 2022. Quatre salariés sur dix indiquent également avoir été témoins de tels faits.
Le baromètre met en évidence une évolution positive concernant la connaissance de la législation. 50 % déclarent aujourd’hui être bien informés sur la législation relative au harcèlement, contre 35 % en 2022. Pourtant, 77 % estiment toujours difficile d’identifier précisément une situation de harcèlement.
Des salariés davantage exposés
Les femmes déclarent davantage de situations de harcèlement que les hommes (38 % contre 28 %). La proportion atteint 42 % chez les moins de 25 ans, 44 % chez les salariés en CDD, en intérim ou en apprentissage et 47 % chez ceux travaillant à temps partiel.
Les outils numériques constituent par ailleurs un espace d’exposition supplémentaire. 28 % des salariés déclarent avoir déjà subi un comportement inapproprié dans le cadre professionnel via des e-mails, messageries, réseaux sociaux ou visioconférences.
Des freins persistants au signalement
La peur des conséquences reste un obstacle important. Un salarié sur deux craint qu’un signalement nuise à sa carrière. Les dispositifs existants sont également peu connus, puisque seuls 29 % des répondants savent qu’un dispositif de signalement existe dans leur organisation.
La formation apparaît comme une piste de prévention encore insuffisamment développée. Seuls 21 % estiment que les personnes de leur organisation sont formées pour repérer les situations inappropriées.
Trois axes pour renforcer la prévention
Le baromètre met en avant trois priorités :
- former à reconnaître et qualifier les situations ;
- sécuriser la parole et structurer le traitement des signalements ;
- et rendre les dispositifs visibles et accessibles.
Les résultats soulignent ainsi que la progression de l’information sur le cadre légal ne suffit pas à elle seule à faire évoluer les situations. La prévention passe aussi par la capacité à repérer les faits, à libérer la parole et à apporter une réponse adaptée lorsqu’une situation est signalée.
———
* Échantillon national représentatif de 2 000 actifs, travaillant dans une structure privée ou publique d’au moins 5 personnes (méthode des quotas : sexe, âge, région, catégorie d’agglomération, catégorie socioprofessionnelle, secteur d’activité, taille d’entreprise).