La santé mentale au travail montre des signes d’amélioration en France, selon le baromètre Qualisocial publié le 15 janvier. Six millions de travailleurs se déclarent toutefois encore en mauvaise santé mentale, soit 810 000 de moins qu’en 2025. Pour la première fois depuis la crise sanitaire, cette proportion recule à 22 %. Toutefois, des fragilités persistent selon les secteurs et les politiques de prévention mises en place.
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Une amélioration générale, mais fragile
Pour la première fois depuis la crise du Covid, la santé mentale des salariés français montre des signes positifs. La part de travailleurs en mauvaise santé mentale diminue à 22 %, soit près de 810 000 personnes de moins qu’en 2025. Cette tendance ouvre la possibilité d’un retour au niveau comparable à celui d’avant la crise sanitaire, à condition de maintenir les efforts de prévention et d’intégrer durablement la santé mentale dans les politiques RH.
Des écarts selon secteurs, âges et genres
L’amélioration n’est pas homogène. Les secteurs comme l’administration, les médias ou l’hôtellerie-restauration enregistrent des progrès significatifs, tandis que l’industrie, la logistique et le médico-social restent en difficulté. Les femmes et les moins de 30 ans bénéficient davantage de cette dynamique, en partie grâce à des mesures liées à l’égalité des genres et à la parentalité. Les salariés non concernés par le télétravail ou dans des entreprises fragilisées économiquement voient également une amélioration, par rapport à 2025.
Quand la Grande cause nationale favorise le dialogue sur la santé mentale
La reconduction de la Grande cause nationale a permis de réduire le tabou sur la santé mentale. Plus de la moitié des salariés en ont entendu parler et 61 % estiment désormais plus facile d’évoquer ces sujets au travail. Cependant, si les facteurs professionnels jouent un rôle, les causes individuelles et le contexte socio-économique (difficultés personnelles, pénibilité, tensions sociales) pèsent encore plus lourd sur l’équilibre psychique des actifs.
Des leviers d’action identifiés, mais des dispositifs encore limités
Malgré l’impulsion donnée par la Grande cause nationale, les dispositifs de prévention en santé mentale restent encore insuffisamment déployés. Près d’un salarié sur deux n’y a toujours pas accès. Pourtant, 86 % des salariés bénéficiant d’un plan de prévention complet constatent une amélioration de leur santé mentale. Qualisocial rappelle qu’un plan de prévention en santé mentale efficace s’appuie sur trois niveaux : la prévention primaire, pour anticiper les risques psychosociaux ; la prévention secondaire, pour en limiter les effets par la sensibilisation ; et la prévention tertiaire, pour accompagner les salariés en situation de santé mentale dégradée.
Santé mentale et performance durable
La dégradation psychique influence directement la performance et l’engagement. Les salariés en très mauvaise santé mentale sont moins motivés, moins satisfaits et moins enclins à recommander leur employeur. Les experts recommandent aux DRH de combiner compréhension de l’impact, prévention à tous les niveaux, management de la qualité de vie et communication. Quant aux salariés, ils placent en priorités de meilleures conditions de travail, la santé et la sécurité au travail (25 %) des relations saines (24 %) et une organisation claire (17 %).
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