Les tensions sur le marché du travail en baisse en 2024 dans les Pays de la Loire

Dans un contexte de ralentissement progressif du marché du travail en 2024, les difficultés de recrutement évoluent de manière contrastée selon les secteurs et les territoires. L’analyse des tensions en Pays de la Loire permet de mieux comprendre les dynamiques à l’œuvre entre baisse globale des tensions et persistance de fortes pénuries de main-d’œuvre dans de nombreux métiers.

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Une baisse globale après un niveau record en 2023

En 2024, dans la région Pays de la Loire, les tensions sur le marché du travail reculent nettement après un pic atteint en 2023. Cette détente reste toutefois relative, car les difficultés de recrutement demeurent très élevées puisque 86 % des métiers sont encore en situation de fortes ou très fortes tensions, ce qui concerne environ 70 % des emplois régionaux, contre 60 % en France hors Mayotte.

Des tensions encore très présentes dans la majorité des métiers

Sur l’ensemble des 22 familles professionnelles, seul le secteur agricole échappe à la baisse et reste globalement stable. Tous les autres domaines enregistrent un repli, plus ou moins marqué selon les activités. Les diminutions les plus nettes concernent notamment l’informatique et les télécommunications, l’artisanat, ainsi que les métiers de la mécanique et du travail des métaux.

Ces tensions s’expliquent principalement par deux facteurs. D’une part, un niveau d’embauches encore soutenu dans plusieurs secteurs, et d’autre part, un manque de main-d’œuvre disponible pour répondre aux besoins des employeurs. Avec le ralentissement économique, l’intensité des recrutements diminue, ce qui contribue aussi à la baisse globale des tensions. En parallèle, le nombre de demandeurs d’emploi augmente, ce qui traduit un contexte de marché du travail moins dynamique. Les autres facteurs comme l’inadéquation géographique ou la non-durabilité des contrats jouent un rôle plus limité qu’auparavant.

Des écarts marqués selon les secteurs d’activité

Par secteur, les évolutions sont contrastées mais convergentes dans leur tendance à la baisse. Dans l’industrie et la construction, presque tous les métiers restent en tension malgré un recul général. Les difficultés sont particulièrement fortes sur les postes techniques, d’encadrement et d’ouvriers qualifiés. Le tertiaire apparaît plus contrasté : une part importante des métiers n’y est plus en tension, notamment dans certains domaines de services, de la communication ou du commerce, même si plusieurs professions qualifiées restent concernées. L’agriculture, elle, conserve un profil spécifique lié à la saisonnalité, à la pénibilité et à la précarité de certains emplois.

Les causes des tensions varient selon les secteurs :

  • dans la construction, elles tiennent surtout à un manque structurel de candidats qualifiés et à des conditions de travail exigeantes ;
  • dans l’industrie, elles proviennent davantage d’un décalage entre les compétences recherchées et celles disponibles ;
  • dans le tertiaire, les recrutements sont globalement plus fluides ;
  • enfin, l’agriculture reste marquée par la saisonnalité et des emplois peu durables.

Les métiers industriels et du BTP toujours en tête des tensions

Enfin, le classement des métiers les plus en tension évolue par rapport à 2023, avec plusieurs entrées et sorties. Les métiers de l’industrie et du BTP dominent toujours largement ce classement, en particulier les postes d’ouvriers qualifiés, de techniciens et de cadres techniques. À l’inverse, certains métiers du tertiaire occupent une place importante dans les professions les plus pourvoyeuses d’emplois, même si leurs difficultés de recrutement sont globalement plus modérées que dans les secteurs industriels.

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