Horaires atypiques : quels effets sur la santé et la vie familiale ?

Travail de nuit, horaires décalés, journées longues ou travail le week-end : les horaires atypiques font partie du quotidien professionnel de nombreux travailleurs. Une nouvelle expertise de l’Anses met en évidence leurs effets possibles sur la santé et l’équilibre entre vie professionnelle, sociale et familiale et formule plusieurs recommandations pour mieux encadrer leur recours.

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Le travail en horaires atypiques concerne une large part des actifs en France. Selon les définitions retenues, 55 % à 75 % des travailleurs seraient concernés par au moins une forme d’horaires longs, décalés ou de travail le week-end. Dans une expertise publiée en septembre 2026, l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses) alerte sur leurs conséquences possibles sur la santé, le sommeil et l’équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle.

Quels horaires sont concernés ?

L’Anses distingue quatre grandes catégories :

  • Le travail de nuit ;
  • Le travail le week-end ;
  • Les journées longues de plus de 8 heures et/ou semaines de plus de 40 heures ;
  • Les horaires décalés, notamment tôt le matin (de 5h à 8h) et en soirée (de 19h à minuit).

La notion d’ »horaires atypiques » n’étant pas définie juridiquement aujourd’hui, l’Agence préconise d’adopter une définition commune afin de faciliter la prévention et le suivi des risques professionnels.

Des conséquences sur la santé et la vie sociale

Les effets varient selon le type d’horaire et les conditions de travail.

Les horaires longs sont notamment associés à un risque accru de maladies cardiovasculaires, à une moins bonne qualité du sommeil et à l’anxiété. Des effets sont également suggérés sur la santé métabolique, la santé reproductive, le risque de dépression, les accidents du travail et l’équilibre entre vie professionnelle et vie familiale.

Le travail le week-end peut compliquer l’articulation entre vie professionnelle et vie personnelle. Il est également associé à des effets possibles sur la santé mentale et physique, notamment les troubles du sommeil, la fatigue, les douleurs et les accidents du travail.

Les horaires décalés, particulièrement le travail en soirée ou très tôt le matin, peuvent perturber le sommeil et avoir des répercussions sur la santé mentale, cardiovasculaire et la vie familiale.

Mieux encadrer le recours aux horaires atypiques

L’Anses recommande de limiter le recours régulier aux horaires atypiques lorsqu’il est possible de le faire. Lorsqu’ils sont nécessaires, leur mise en place devrait être anticipée et mieux encadrée.

Avant de retenir une telle organisation, l’Agence invite les employeurs à évaluer ses bénéfices et ses conséquences, en prenant en compte non seulement les conditions de travail, mais aussi les transports, la garde des enfants, l’équilibre des temps de vie ou encore les contraintes liées aux épisodes de chaleur.

Elle préconise également une organisation prévisible, transparente et équilibrée, ainsi que des compensations favorables à la santé : repos compensateur, réduction du temps de travail à salaire constant, aide au transport ou à la garde d’enfants, par exemple.

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