Dans plusieurs pays européens, les arrêts maladie progressent. En France comme ailleurs, cette hausse s’explique notamment par l’augmentation des arrêts de longue durée, souvent liés aux troubles psychologiques, mais aussi par les transformations du monde du travail.
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L’absentéisme pour maladie progresse dans plusieurs pays européens
Dans plusieurs pays européens, les arrêts maladie prennent une place croissante dans le monde du travail. Selon les données de l’OCDE, en Espagne, la durée moyenne d’absence pour maladie est passée de 2,6 semaines par salarié en 2010 à 5 semaines en 2025. Cette hausse concerne également d’autres pays. En France, la durée moyenne des arrêts maladie est passée de 2,9 semaines par salarié en 2010 à 4,1 semaines en 2025. En Allemagne, elle a progressé de 2,8 à 3,5 semaines sur la même période. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette évolution.
Les arrêts de longue durée jouent notamment un rôle important dans cette progression. Bien qu’ils soient moins nombreux que les arrêts courts, ils représentent une part croissante de l’absentéisme global. D’après l’étude AXA France Datascope 2026, la contribution des arrêts de plus de six mois est passée de 1,6 % en 2022 à 2,1 % en 2025. Les troubles psychologiques figurent parmi les principales causes de ces absences prolongées.
Les cadres et les jeunes davantage concernés
L’augmentation de l’absentéisme touche désormais des populations jusque-là moins concernées, notamment les cadres et les jeunes actifs. Entre 2024 et 2025, le taux d’absentéisme des cadres a progressé de 8 %, contre 4 % pour les autres catégories de salariés, selon le Datascope 2026 d’AXA. En 2025, la durée moyenne des arrêts maladie des cadres a même dépassé celle des non-cadres, hors accidents du travail et maladies professionnelles. Les pathologies cardiovasculaires et les troubles musculosquelettiques restent toutefois principalement observés chez les non-cadres. Chez les moins de 30 ans, la hausse est également marquée. En 2025, les arrêts très courts, comme les arrêts très longs, ont augmenté de 10 % par rapport à l’année précédente. Cette évolution s’explique notamment par les enjeux liés à la santé mentale, mais aussi par une plus forte exposition aux épisodes épidémiques.
Des facteurs liés aux évolutions du travail et de la population active
Le vieillissement de la population active constitue un autre facteur explicatif. Avec le recul progressif de l’âge de départ à la retraite, davantage de salariés restent en emploi à des âges où les problèmes de santé sont plus fréquents, ce qui peut entraîner davantage d’arrêts maladie. La situation du marché du travail joue également un rôle. Les tensions liées aux difficultés de recrutement peuvent accroître la pression exercée sur les salariés, notamment dans les secteurs confrontés à des pénuries de main-d’œuvre.
Une tendance qui ne concerne pas tous les pays
Certains pays européens connaissent toutefois une évolution différente. En Italie, par exemple, la durée moyenne des arrêts maladie est passée de 1,3 semaine par salarié en 2010 à 0,6 semaine en 2025. Au Royaume-Uni, elle a diminué entre 2010 et 2020, passant de 2,1 à 1,6 semaine. Selon l’OCDE, ces écarts s’expliquent notamment par les caractéristiques propres aux systèmes de protection sociale : niveau d’indemnisation, dispositifs de prévention et d’intervention précoce, ou encore rôle des employeurs et des institutions dans le suivi des absences. Les pays disposant de dispositifs plus protecteurs enregistrent généralement des niveaux d’absentéisme plus élevés.
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