Jeunes travailleurs : les leviers de prévention en Europe et à l’international

Une récente analyse d’Eurogip identifie les dispositifs les plus performants déployés en Europe et à l’international pour améliorer la sécurité des moins de 25 ans. Cette population reste particulièrement exposée aux accidents du travail. Trois axes majeurs se dégagent : intégrer la prévention dès les premières formations, renforcer l’accompagnement lors de la prise de poste et agir directement sur les situations les plus dangereuses.

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En France, les jeunes salariés présentent un niveau de risque supérieur (50 % plus élevé) à celui de l’ensemble des travailleurs. Leur fréquence d’accidents du travail est environ 1,5 fois plus élevée que celle des autres catégories d’âge. Chaque année, une part importante des moins de 25 ans est touchée par un accident professionnel, un phénomène qui dépasse largement les frontières françaises. Face à ce constat, plusieurs pays ont développé des programmes dédiés afin de mieux protéger les nouveaux entrants dans le monde du travail.

Dans sa publication, Eurogip recense une trentaine d’initiatives menées en Europe, au Canada et aux États-Unis. Ces dispositifs, présentés sous forme de fiches individuelles, mettent en avant des approches variées.

Des risques professionnels spécifiques pour les jeunes salariés

Certains dangers reviennent régulièrement parmi les principales causes d’accidents chez les jeunes travailleurs. Les déplacements professionnels et le risque routier figurent notamment parmi les premières causes de décès liés à l’activité professionnelle. Les chutes, qu’elles surviennent en hauteur ou sur un même niveau, restent également très présentes, en particulier dans les secteurs comme le bâtiment. Les accidents liés aux machines, aux outils, aux opérations de manutention ou au contact avec des produits dangereux constituent aussi des sources importantes de blessures.

Cependant, la vulnérabilité des jeunes ne s’explique pas uniquement par les risques liés aux postes occupés. Le manque d’expérience, une maîtrise encore incomplète des règles de sécurité et une certaine hésitation à signaler une difficulté ou à demander de l’aide peuvent également accroître leur exposition.

Former à la prévention avant l’entrée dans l’entreprise

L’un des enseignements majeurs de l’étude est l’importance d’initier les jeunes à la santé et à la sécurité au travail dès leur parcours de formation. En développant une culture de prévention avant même le premier emploi, les futurs salariés peuvent apprendre à identifier les dangers, adopter les bons réflexes et mieux réagir face aux situations à risque.

Les démarches les plus efficaces combinent plusieurs approches : sensibilisation théorique, exercices pratiques, découvertes du monde professionnel et coopération entre établissements de formation, entreprises et acteurs de la prévention.

L’intégration en entreprise, une étape déterminante

Les débuts dans l’emploi représentent une phase particulièrement exposée, qu’il s’agisse d’un stage, d’une alternance, d’un contrat temporaire ou d’une première expérience professionnelle.

Un accueil réussi ne repose pas uniquement sur les formalités d’arrivée. Les dispositifs étudiés montrent l’intérêt d’un parcours d’intégration comprenant une présentation des risques liés au poste, une prise en main progressive des missions, des démonstrations concrètes, un suivi régulier et des échanges permettant au jeune de poser librement ses questions.

Les responsables de proximité jouent également un rôle central. La présence de tuteurs formés et l’existence d’un accompagnement organisé facilitent la transmission des bonnes pratiques, renforcent la confiance des nouveaux salariés et contribuent à limiter les accidents dès les premiers mois d’activité.

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