Chaque année, des centaines de salariés perdent la vie à la suite d’un malaise sur leur lieu de travail, souvent sans signe avant-coureur clairement identifié. Longtemps considérés comme des événements isolés, ces décès soulèvent aujourd’hui des enjeux majeurs de prévention en santé au travail. Une nouvelle étude de l’INRS met en lumière les profils les plus exposés, les facteurs de risque associés et les mesures à renforcer pour mieux prévenir ces drames.
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À l’occasion du congrès national de médecine et santé au travail organisé à Lyon début juin 2026, l’INRS et la Carsat Rhône-Alpes ont présenté une nouvelle étude consacrée aux malaises mortels en milieu professionnel. L’objectif : mieux comprendre ces décès soudains et identifier des leviers de prévention plus efficaces.
En 2024, près de 760 décès accidentels liés au travail ont été reconnus par l’Assurance Maladie – Risques Professionnels*. Parmi eux, environ 60 % correspondent à des « malaises mortels » , c’est-à-dire des décès survenus sur le lieu de travail sans cause externe identifiable, comme un traumatisme ou une électrocution.
L’étude, menée sur 324 cas recensés entre septembre 2023 et février 2025, confirme que les hommes sont les plus touchés. Ils représentent 88 % des victimes, avec un âge médian de 53 ans. Certaines professions apparaissent particulièrement exposées, notamment les conducteurs de poids lourds, mais aussi les cadres, agents d’entretien et ouvriers qualifiés du bâtiment.
Les chercheurs soulignent que plusieurs facteurs professionnels peuvent accroître les risques cardiovasculaires : manutention physique, travail de nuit, horaires décalés, exposition au froid ou à la chaleur, stress ou encore isolement temporaire. Dans plus de 8 cas sur 10, ces malaises seraient liés à une mort subite cardiaque, souvent provoquée par un infarctus.
L’étude met également en évidence un problème récurrent. Les signes d’alerte sont souvent minimisés. Douleurs thoraciques, malaise ou fatigue inhabituelle ont parfois été signalés par les victimes dans les heures ou jours précédant le drame, sans qu’une prise en charge rapide soit déclenchée.
Face à ce constat, les Carsat avancent trois axes prioritaires de prévention :
- Le premier consiste à mieux repérer les facteurs de risque cardiovasculaire en entreprise.
- Le deuxième porte sur l’organisation des secours, avec davantage de formation aux gestes de premiers secours, une meilleure identification des sauveteurs secouristes et un accès facilité aux défibrillateurs.
- Enfin, le suivi médical des salariés apparaît central, notamment lors de la visite de mi-carrière, qui pourrait permettre d’évaluer plus finement les risques cardiovasculaires et de sensibiliser aux symptômes à ne pas ignorer.
Cette étude rappelle que la prévention des malaises mortels passe autant par l’amélioration des conditions de travail que par une meilleure culture de la vigilance et de l’intervention rapide.
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* Rapport annuel 2024 de l’Assurance Maladie – Risques professionnels.