La santé mentale au travail continue de se dégrader en France, selon les derniers indicateurs publiés par Empreinte Humaine avec Ispos-BVA*. L’étude met en lumière une montée inquiétante des situations de détresse psychologique chez les salariés, sur fond de stress chronique, de manque de reconnaissance et de conditions de travail jugées de plus en plus difficiles.
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Un niveau record de détresse psychologique au travail
Un salarié sur deux en France serait aujourd’hui en situation de souffrance psychologique liée au travail, d’après le dernier baromètre réalisé par Empreinte Humaine avec Ipsos-BVA. Ce niveau, le plus élevé observé depuis le lancement du suivi en 2020, confirme une tendance préoccupante qui s’installe durablement dans le monde professionnel.
L’enquête révèle que 50 % des salariés présentent des signes de détresse psychologique, dont une part importante (16 %) en situation jugée élevée. Cette détresse combine des symptômes d’épuisement et de mal-être pouvant évoluer vers des troubles plus sérieux. La majorité des personnes concernées (83 %) attribuent directement leur état à leur activité professionnelle, une proportion encore plus forte (87 %) chez les moins de 30 ans.
Des populations particulièrement exposées et un risque de burn-out en hausse
Certains profils apparaissent particulièrement exposés : les femmes (55 %), les jeunes actifs (60 %) et les employés (59 %) figurent parmi les plus touchés. Les professionnels des ressources humaines (62 %) se distinguent également avec un niveau de souffrance supérieur à la moyenne des cadres (46 %). Par ailleurs, une part importante des salariés exprime une inquiétude quant à leur capacité à tenir psychologiquement jusqu’à la fin de leur carrière.
Près d’un tiers des salariés interrogés, soit 32 %, se déclarent en situation de risque de burn-out, un niveau stable par rapport à la précédente vague de l’étude. Parmi eux, 11 % font état d’un risque jugé sévère. Le rapport souligne que la probabilité de burn-out sévère aurait doublé en 2026 par rapport à la période précédant la crise sanitaire. « Cette exposition chronique constitue un facteur de risque pour la santé », alerte Christophe Nguyen (président d’Empreinte Humaine et psychologue du travail et des organisations).
Une pression multiple entre travail, vie personnelle et manque de reconnaissance
La vie personnelle vient accentuer les difficultés rencontrées au travail. Plus d’un salarié sur deux (53 %) indique avoir vécu un épisode de stress important lié à des problèmes personnels au cours de l’année écoulée, tandis que 41 % déclarent avoir été confrontés à des difficultés financières, administratives ou juridiques. Parmi eux, 59 % disent avoir redouté que le fait d’en parler puisse nuire à leur évolution professionnelle, et 56 % estiment avoir manqué de soutien ou s’être sentis isolés dans leur environnement de travail.
Les conditions de travail sont également pointées du doigt : le sentiment de n’être qu’un simple exécutant pour 60 % des salariés, le manque de temps pour produire un travail de qualité (51 %) ou encore l’impression que les crises successives servent de justification à une dégradation des conditions d’emploi pour 52 % des salariés. De plus, le manque de reconnaissance est particulièrement marquant, avec un écart important entre les attentes des salariés et le ressenti réel.
Détérioration du climat de travail et inquiétudes sur la santé mentale des salariés
Le climat organisationnel apparaît fragile, puisque seuls 11 % des salariés estiment évoluer dans un environnement offrant une véritable sécurité psychologique. Dans ce contexte, les comportements de retrait professionnel, comme le fait de limiter son investissement au strict minimum, progressent.
Face à ces constats, les experts appellent à renforcer la prévention, à mieux former les managers et à ouvrir davantage le dialogue sur la santé mentale au travail. Sans actions concrètes, les spécialistes alertent sur un risque de hausse continue des arrêts maladie liés à des troubles psychologiques dans les mois et années à venir.
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* Ce baromètre Santé mentale au travail Ipsos-BVA pour Empreinte Humaine a été réalisé par internet auprès de 2 000 salariés, du 4 au 18 mai 2026, selon la méthode des quotas.