Lutte contre le sexisme au travail : un engagement renforcé de l’inspection du travail

Face aux inégalités persistantes entre les femmes et les hommes, la lutte contre le sexisme au travail est une priorité. Encore largement présent, ce phénomène impacte les conditions de travail et les parcours professionnels, mobilisant pleinement l’inspection du travail dans ses missions de prévention et de contrôle.

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La lutte contre le sexisme constitue aujourd’hui un axe prioritaire des politiques publiques en faveur de l’égalité. Dans le monde du travail, l’inspection du travail joue un rôle essentiel pour prévenir ces comportements et faire respecter les droits des salariés.

Mieux identifier le sexisme pour agir efficacement

Le sexisme regroupe l’ensemble des attitudes ou agissements dirigé contre une personne en raison de son sexe ou de son genre. Il peut prendre différentes formes, telles que des stéréotypes, des préjugés ou encore des inégalités entre les femmes et les hommes, dans le cadre professionnel comme dans la vie quotidienne.

Le Code du travail prohibe les agissements sexistes portant atteinte à la dignité ou créant un environnement offensant. Le Code pénal sanctionne également les comportements à connotation sexiste ou sexuelle. Malgré cela, ces phénomènes restent très répandus : neuf femmes sur dix* déclarent adapter leur comportement pour éviter d’y être confrontées.

Une action qui combine prévention et contrôle

Le plan national d’action (PNA) du système d’inspection du travail 2026-2029 souligne la nécessité de traiter les causes indirectes des inégalités salariales, notamment les violences sexistes et sexuelles au travail. Les agents de l’inspection du travail interviennent à plusieurs niveaux pour lutter contre ces dérives. Leur mission consiste notamment à :

  • Informer salariés et représentants du personnel sur leurs droits et les recours possibles ;
  • Vérifier que les entreprises respectent leurs obligations en matière d’égalité professionnelle et de prévention du harcèlement ;
  • Enquêter à la suite de signalements ou de plaintes des salariés victimes de sexisme, de discrimination ou de harcèlement.

Lorsque des manquements sont constatés, l’inspection peut exiger des mesures correctives, voire engager des procédures de sanction dans les cas les plus graves.

L’inspection du travail contrôle également :

  • Les actions de sensibilisation et de formation mises en place ;
  • L’intégration des risques liés au sexisme dans le document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP) ;
  • Les dispositifs de signalement et le traitement des alertes internes.

En cas d’infraction, des procès-verbaux peuvent être dressés et les employeurs s’exposent à des sanctions civiles ou pénales.

Des interventions sur le terrain

Les inspecteurs sont régulièrement amenés à traiter des situations de harcèlement ou de violences sexistes. Leurs enquêtes peuvent révéler des environnements de travail dégradés ou des comportements graves et conduire à des poursuites judiciaires, voire à des condamnations. Dans certains cas, ils peuvent également intervenir pour protéger des salariés vulnérables, comme des apprentis mineurs.

Vers des environnements professionnels plus respectueux

Au-delà du contrôle, l’inspection du travail participe aussi à la prévention via des actions d’information, des campagnes de sensibilisation et la diffusion de guides pratiques. L’objectif est de favoriser des milieux professionnels plus inclusifs et respectueux.

Victimes ou témoins d’actes sexistes : qui contacter ?

Les victimes ou témoins disposent de plusieurs recours :

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