La gestion des déchets ménagers et en particulier les activités de tri, soulève aujourd’hui des enjeux importants de santé au travail. Une expertise de l’Anses met en lumière les conditions d’exposition des agents des centres de tri, qui font face quotidiennement à de multiples risques liés à la nature même des déchets et à l’organisation du travail.
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Une exposition généralisée dans toute la filière
Les professionnels du traitement des déchets ménagers sont confrontés à de nombreuses nuisances. Une expertise récente met en lumière la situation particulière des agents travaillant dans les centres de tri, où environ 10 000 travailleurs sont concernées. Cette activité, en pleine expansion, cumule plusieurs facteurs de risques encore insuffisamment encadrés par des mesures de prévention. D’autres secteurs, comme la collecte ou l’incinération, sont mieux documentés, tandis que certaines activités émergentes restent peu étudiées.
Des risques sanitaires liés aux déchets eux-mêmes
Les travailleurs du tri sont en contact direct avec des résidus variés. Les restes alimentaires favorisent la prolifération de micro-organismes, notamment en cas de chaleur ou de stockage prolongé, augmentant les risques infectieux. La présence de rongeurs accentue également les dangers sanitaires.
À cela s’ajoutent des expositions chimiques, ainsi que des risques d’accidents liés à des objets mal triés, comme des batteries, des aérosols ou des déchets dangereux (verre, seringues). Malgré l’automatisation croissante, une part du tri reste manuelle, ce qui maintient ces expositions.
Des conditions de travail exigeantes
Les contraintes physiques sont importantes : bruit, vibrations, gestes répétitifs et postures pénibles font partie du quotidien des travailleurs. Le rythme de travail est soutenu et imposé par les chaînes de tri, laissant peu de marge de manœuvre aux opérateurs.
La mécanisation entraîne aussi une diversification des tâches, avec des interventions en maintenance ou nettoyage, introduisant de nouveaux risques.
Les études disponibles, bien que limitées en France, signalent plusieurs impacts sur la santé : troubles musculosquelettiques (TMS), problèmes respiratoires, infections ou troubles digestifs. Le suivi des travailleurs reste compliqué en raison de la précarité de certains emplois et de la diversité des profils.
Des pistes pour renforcer la prévention
Pour réduire ces risques, plusieurs recommandations émergent de l’Anses : limiter la durée de stockage des déchets, adapter la fréquence de collecte, surtout en période chaude et renforcer la formation des agents face à la polyvalence des missions.
Un suivi médical plus poussé est également préconisé, avec des actions de prévention comme la vaccination contre certaines maladies.
Enfin, un effort de recherche est jugé nécessaire pour mieux comprendre les conditions de travail et adapter les stratégies de protection.
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