Le taux d’absentéisme en entreprise est au plus haut depuis 2019

Plusieurs années après la crise sanitaire liée au Covid-19, le niveau des arrêts de travail et au plus haut depuis 2019. Une étude récente met en évidence des évolutions marquées selon les profils de salariés, révélant des comportements de plus en plus différenciés au sein des entreprises.

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Une hausse globale portée par les arrêts longs

Selon une étude annuelle menée par l’assureur AXA sur les arrêts de travail, la hausse de l’absentéisme se poursuit et ne montre aucun signe de ralentissement. Cette étude porte sur environ 3 millions de salariés représentant 15 % du secteur privé. En 2025, le taux d’absentéisme atteint 4,8 %, soit une progression de 5 % sur un an et une augmentation de 50 % par rapport à 2019.

L’un des phénomènes les plus marquants concerne l’allongement des arrêts de travail. La fréquence ainsi que la durée des absences continuent d’augmenter, avec une progression notable des arrêts de longue durée. Les arrêts supérieurs à six mois, en particulier, contribuent fortement à cette évolution, tout comme ceux compris entre deux et six mois.

Des écarts marqués selon les profils de salariés

Des écarts importants persistent également entre les différentes catégories de salariés. Le taux d’absentéisme reste plus élevé chez les femmes, atteignant 5,8 % en 2025, contre 3,9 % chez les hommes. Toutefois, ce dernier a lui aussi fortement progressé, dépassant désormais le niveau observé chez les femmes avant la pandémie.

Selon le type de contrat, les tendances divergent : l’absentéisme des salariés en CDD se stabilise en 2025, tandis que celui des salariés en CDI continue d’augmenter, accentuant ainsi l’écart entre ces deux groupes.

Plus globalement, l’étude souligne l’émergence de comportements spécifiques selon l’âge, le statut ou encore la fonction. Les cadres voient leur taux d’absentéisme progresser de 8 % par rapport à l’année précédente, et se rapprocher de celui des non-cadres, même s’il demeure inférieur. Chez les cadres masculins de 30 à 45 ans, l’étude souligne une forte hausse de l’absentéisme (+16 % entre 2024 et 2025). Cette progression s’explique par des arrêts à la fois plus fréquents et plus longs, en lien notamment avec une nette augmentation des absences de très longue durée (plus de six mois).

Chez les jeunes, des arrêts fréquents et une santé mentale fragilisée

Chez les jeunes salariés, la situation est également particulière. Les moins de 35 ans enregistrent une hausse significative de leur absentéisme, notamment en raison d’un recours fréquent aux arrêts courts. Plus de la moitié de leurs absences durent entre un et trois jours (représentant 57 % des arrêts de ces jeunes) et ils cumulent un nombre très élevé d’arrêts par an. Cette tendance s’expliquerait en partie par une plus grande vulnérabilité aux maladies épidémiques et par une multiplication des arrêts au cours d’une même année.

Enfin, l’étude met en lumière une dégradation continue de la santé mentale des salariés. Les troubles psychologiques sont de plus en plus souvent à l’origine des arrêts longs, toutes catégories confondues. Les femmes, en particulier celles de moins de 45 ans, sont les plus concernées par ces absences prolongées. Dans ce contexte, le recours aux dispositifs « de soutien psychologique « Mon soutien psy » progresse, même si certaines populations, comme les jeunes hommes, y font moins appel.

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