Être une femme en bonne santé, c’est pas si facile : un refrain qui dure ?

Alors qu’elles représentent la moitié de la population mondiale et bien qu’elles aient une espérance de vie plus élevée que les hommes, on estime qu’en moyenne 25 % de la vie des femmes se déroule avec une altération de la santé ou un handicap. C’est précisément ce que le rapport du WEF et du BCG, Women’s Health Investment Outlook, a rappelé lors du Forum économique mondial de Davos fin janvier 2026. Entre inégalités de soins, manque de visibilité de certaines pathologies et fragilisation de la santé mentale liée notamment à la répartition des responsabilités familiales et professionnelles, la situation reste préoccupante.

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Comment les stéréotypes de genres influencent-ils encore trop souvent la santé des femmes ?

Le récent forum de Davos a une nouvelle fois débattu concernant la santé des femmes dans le monde et sur la nécessité d’adopter une médecine différenciée en fonction du genre. Il est vrai qu’historiquement, la médecine a été construite à partir de données majoritairement issues de cohortes masculines, les recherches médicales se sont progressivement ouvertes, à partir des années 1960, à des approches différenciées selon le sexe.

Bien qu’aujourd’hui les évolutions médicales abondent, de nombreuses inégalités médicales entre hommes et femmes perdurent, et ce dès le stade de la recherche et de l’innovation. Le rapport du Forum économique mondial (WEF) et du Boston Consulting Group (BCG) publié le 20 janvier 2026 a alerté une nouvelle fois les chefs de gouvernement présents à Davos : sur les 2 870 milliards de dollars de budget privé alloué à la recherche médicale entre 2020 et 2025, 6 % concernaient la santé des femmes. De plus, seulement 2 % de ces 6 % auraient été alloués à des pathologies touchant majoritairement les femmes (l’endométriose, la santé maternelle, le syndrome prémenstruel, la ménopause et le cancer du col de l’utérus). En ce qui concerne les causes de morbidité féminine majeures que sont la santé mentale, les affections endocriniennes et cardiovasculaires, elles ne représenteraient qu’une part minime de ces budgets.  

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