Prévention et santé au travail : de quoi parle-t-on ?

L’Organisation Internationale du Travail (OIT) établit le principe selon lequel les travailleurs doivent être protégés contre les maladies en général, ou les maladies professionnelles et les accidents qui résultent de leur travail. C’est l’idée qui a présidé à la Loi fondatrice de 1946 instaurant la création d’associations d’entreprises pour mutualiser des moyens de prévention.

C’est ainsi que les services de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) interviennent, en contribuant à l’amélioration de la santé et de la sécurité au travail.

D’après les estimations les plus récentes dont dispose le bureau international du travail (BIT) au niveau mondial, sont enregistrés chaque année 2,8 millions de décès d’origine professionnelle, dont 2,4 millions sont liés à des maladies professionnelles. Au-delà de la souffrance des personnes, les coûts économiques associés sont colossaux : entre indemnisations, jours de travail perdus, interruptions de la production, formations et reconversions, dépenses de santé, cela représente environ 3,94 % du PIB mondial.

L’importance de la santé des collaborateurs

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L’employeur doit œuvrer à la santé et la sécurité de ses collaborateurs, une obligation inscrite dans le Code du travail.
Mais cela va plus loin : un salarié en bonne santé, c’est moins d’absences au travail et une implication plus grande dans la réalisation de sa mission.

La santé ne s’arrête pas à la porte de l’entreprise

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Comme on emporte avec soi au bureau son rhume, son mal de dos ou son mal-être, un souci de santé est quelque chose qui ne s’évanouit pas quand on franchit la porte du bureau ou de l’atelier. De la même manière, une blessure au travail ou le stress de la pression commerciale accompagnent les soirées des salariés.

Santé au travail et santé publique : même combat

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Les acteurs de la santé publique et de la santé au travail ont la même mission : préserver la santé des personnes. Si les champs d’action sont différents, leur complémentarité est nécessaire et leur action conjointe indispensable.

L’évolution des mentalités

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La santé est un bien précieux, peut-être le plus important aux yeux de tous.
Si le travail était l’ancre principale d’une vie pendant longtemps, les générations nouvelles changent rapidement. Au menu : le souci de soi et l’épanouissement personnel.

Le sens du travail

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Aujourd’hui, dans une société en mouvement et un contexte socio-économique et environnemental complexe, les travailleurs ne veulent pas qu’un job et un salaire. Leurs aspirations personnelles les incitent à exercer un travail qui a du sens pour eux.

deux salariés ingénieurs en industrie portant un casque en usine
Man and woman engineer industry worker wearing hard hat in factory, teamwork professional industrial.

La prévention, socle de performance de l’entreprise

Imaginons une entreprise dont les salariés ne souffrent pas d’une mauvaise position pour exercer une tâche répétitive ou d’une charge trop lourde à porter, n’attrapent pas froid quand ils passent cinquante fois par jour du frigo à la découpe, ni chaud pendant une journée sur un toit sous le soleil… bref, des salariés qui ne sont jamais en arrêt de travail. Impossible ?

La prévention des risques au travail, c’est aussi un absentéisme qui diminue, des salariés qui sont capables de tenir le rythme, des équipes qui vivent bien, des collaborateurs qui ont des idées, de l’envie, de l’énergie. Tout ça, c’est de la performance humaine pour l’entreprise. Donc de la performance économique.



Une finalité : assurer le maintien en emploi et la prévention de la désinsertion professionnelle

Un rendez-vous médical avec un médecin du travail, une visite d’un atelier pour repérer les risques, une opération de mesure de bruit ou d’empoussièrement, une action pour améliorer l’ergonomie d’un poste de travail, un conseil pour aider le dirigeant à imaginer des actions de prévention…

Chaque action menée par les professionnels de santé au travail n’a qu’une seule ambition : préserver la santé des travailleurs et leur capacité à rester en emploi tout au long de leur vie professionnelle.

2 ouvriers en atelier échangent devant une tablette numérique


En Pays de la Loire,
le coût énorme des accidents et des maladies

Chaque année, la réparation des dommages liés aux accidents du travail, aux accidents de trajet et aux maladies professionnelles représente des sommes très importantes pour la société. Cumulés, ce sont plus de 450 millions d’euros qui sont dépensés pour soigner… rien qu’en Pays de la Loire.


La prévention,
ça rapporte !

Certes, mettre 1€ sur la table ne permettra pas d’aller loin, mais c’est un fait, mettre en œuvre la prévention dans l’entreprise est une stratégie utile pour la santé des salariés, la performance au travail et la rentabilité pour l’entreprise.

Comment ça ? Des études* qui ont été conduites montrent des gains conséquents, même si, évidemment, toutes les actions ne se valent pas.













* études OPPBTP (2015) et EUROGIP (2017)



pour 1€ investi dans une action de prévention, le gain s’élève en moyenne à…
la durée moyenne de remboursement
est de 1,5 année (1,2 pour les TPE)
les TPE obtiennent
le meilleur rendement moyen…
1/4 des actions ont un rendement dix fois supérieur à la moyenne
l’impact économique net s’est révélé positif dans plus de 90% des cas.



La prévention en 9 principes

Prévenir les risques professionnels implique la mise en œuvre de dispositions visant à préserver la santé et la sécurité des travailleurs, améliorer les conditions de travail, rechercher le bien-être au travail des personnes.

La prévention dans l’entreprise ne peut se faire sans un minimum de méthode et de suivi. Pour construire une démarche de prévention, il est nécessaire d’impliquer tous les acteurs concernés (employeur, manageurs, salariés, prestataires…) et de tenir compte des spécificités de l’entreprise (effectif, organisation, secteur d’activité, implantation, tiers externes…).

Neuf principes généraux ont été définis dans le Code du travail (article L.4121-2) pour structurer l’organisation de la prévention.


Éviter les risques, chaque fois que c’est possible

• 1 •

Supprimer le danger ou l’exposition au danger. Chaque fois que c’est possible dans l’entreprise, on garantit ainsi la meilleure sécurité aux collaborateurs. C’est ce qu’on appelle la prévention primaire.

Évaluer les risques qui ne peuvent pas être évités

• 2 •

Comprendre, apprécier, mesurer l’exposition au danger et l’importance du risque afin de prioriser les actions de prévention à mettre en place. Ce travail est important : sans connaissance de risques dans l’entreprise, dans chaque atelier, dans chaque équipe, impossible de construire un plan d’action de prévention efficace.

Combattre les risques à la source

• 3 •

Intégrer la prévention le plus en amont possible, c’est la prévention primaire. Cette réflexion doit être constante pour améliorer les lieux de travail. Mais cela peut aussi se faire dès leur conception, le choix des équipements et la définition des process.

Adapter le travail à l’homme

• 4 •

Faire évoluer les équipements et les modes opératoires pour qu’ils soient pratiques et sécurisants pour les personnes, pas l’inverse. Si on y ajoute la volonté de rendre le travail, intéressant, cela permet de limiter le travail monotone et le travail cadencé, donc leurs effets sur la santé.

Tenir compte de l’évolution de la technique

• 5 •

Adapter la prévention aux évolutions des matériels de production, de protection ou d’assistance dans la réalisation des tâches. Prendre en compte également les innovations organisationnelles.

Remplacer ce qui est dangereux par ce qui ne l’est pas ou moins

• 6 •

Si on ne peut éliminer un danger, éviter l’utilisation de procédés ou produits dangereux, surtout si il est possible d’atteindre le même objectif de production avec une méthode moins dangereuse. C’est la prévention secondaire.

Planifier la prévention en intégrant technique

• 7 •

Réfléchir en amont à une stratégie de prévention des risques et mettre en œuvre un plan d’action dans l’entreprise, qui doit prendre en compte l’organisation du travail, le matériel de production, les conditions de travail, les relations sociales. Les facteurs ambiants (harcèlement moral, harcèlement sexuel ou agissements sexistes) ne doivent pas être ignorés.

Prendre d’abord des mesures de protection collective

• 8 •

Et leur donner la priorité sur les mesures de protection individuelle. N’utiliser les équipements de protection individuelle qu’en complément des protections collectives si elles se révèlent insuffisantes. Même bien utilisé, un masque anti-poussière sera toujours plus efficace si le niveau de poussière a été réduit par un système d’aspiration de l’atelier.

Donner les instructions appropriées aux salariés

• 9 •

Informer les salariés des dangers et des mesures de prévention, les former au respect des process de sécurité et l’utilisation des équipements de protection afin qu’ils intègrent comme une règle de base la protection de leur santé et leur sécurité.