Dans une étude récente, l’Apec et France Travail examinent le profil des cadres seniors inscrits comme demandeurs d’emploi. Elles mettent en lumière leurs parcours, les difficultés rencontrées ainsi que les facteurs favorisant leur retour à l’activité. Cette analyse invite les acteurs de l’emploi à adapter leurs pratiques pour favoriser un retour durable à l’emploi.
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Un chômage cadre qui progresse avec l’âge
Fin juin 2025, 210 000 cadres âgés de 50 ans et plus étaient inscrits, dont 173 600 en catégories A, B ou C. Si le chômage des cadres reste globalement limité (4,2 %), il augmente toutefois après 50 ans pour atteindre 4,6 %. À l’inverse, chez les non-cadres, il diminue avec l’âge (7,0 % après 50 ans contre 9,2 % pour l’ensemble).
Des périodes de chômage plus longues après 60 ans
Les cadres seniors sont davantage exposés au chômage de longue durée : 26 % d’entre eux sont concernés, contre 17 % pour l’ensemble des cadres. La proportion atteint 40 % chez les 60 ans et plus, dont 24 % en très longue durée. Les hommes sont légèrement plus touchés que les femmes (28 % contre 24 %). Sur le plan financier, 60 % perçoivent une indemnisation, inférieure à 2 000 € pour un tiers, tandis que 6 % bénéficient du RSA.
L’âge, un frein persistant malgré des compétences reconnues
Neuf cadres seniors sur dix estiment que leur âge constitue un handicap dans leur recherche d’emploi. Pourtant, ils restent engagés, désireux de transmettre leurs compétences et de participer à l’innovation. Leur intérêt pour la formation demeure fort, notamment dans les domaines liés aux nouvelles technologies et à l’intelligence artificielle. En 2024, 24 150 cadres seniors demandeurs d’emploi ont ainsi commencé une formation, soit 21 % des cadres entrés en formation cette année-là.
Mieux accompagner et faire évoluer le regard des recruteurs
Ces constats soulignent la nécessité d’un accompagnement spécifique, valorisant l’expérience et la capacité d’adaptation des cadres seniors. Ils appellent également à sensibiliser les recruteurs afin de transformer l’expérience en levier de performance plutôt qu’en frein. Les deux organismes réaffirment ainsi leur engagement commun : soutenir les talents expérimentés et encourager les entreprises à considérer l’expérience comme un atout stratégique et un facteur de transmission.
Des dispositifs dédiés pour soutenir le retour à l’emploi
Pour répondre à ces enjeux, plusieurs solutions concrètes sont proposées. Côté accompagnement, des ateliers permettent de valoriser l’expérience senior, un programme de mentorat met en relation cadres expérimentés et décideurs sur 12 mois et un parcours collectif complété d’un suivi personnalisé aide à renforcer la confiance et à préparer les entretiens.
Par ailleurs, des services spécifiques sont mobilisés : accompagnement personnalisé pour optimiser la recherche d’emploi et renforcer l’attractivité professionnelle, webinaires thématiques (création d’entreprise, formation, marché du travail, négociation salariale), ainsi que des dispositifs de mise en réseau tels que clubs et jobdatings dédiés.
Un accompagnement renforcé pour les plus de 50 ans
Des actions ciblées complètent ce dispositif : ateliers collectifs présentant l’offre dédiée aux seniors, sessions pour redynamiser la recherche d’emploi, ateliers emploi-retraite coanimés avec les organismes concernés, parcours intensifs pour retrouver une dynamique d’emploi en quelques mois, programmes de reconversion mêlant théorie et pratique, ainsi que des jobdatings spécialement conçus pour les plus de 50 ans.
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