Prévention du suicide : une mobilisation nationale pour sauver des vies

Le suicide n’est pas une fatalité, mais il demeure un enjeu majeur de santé publique en France, avec près de 9 000 décès chaque année. Si la mortalité a diminué sur le long terme, les évolutions récentes rappellent la nécessité de renforcer la prévention. Dans le contexte de la santé mentale désignée Grande cause nationale 2026, la mobilisation collective, le repérage précoce et l’accès à des dispositifs d’aide sont essentiels pour ne laisser personne seul face à la détresse.

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La prévention du suicide : un enjeu majeur de santé publique

La France figure parmi les pays européens avec un taux de suicide élevé. Pourtant, la majorité des suicides peuvent être évités. La prévention reste donc une priorité de santé publique, et de nombreuses recherches menées au cours des vingt dernières années ont identifié des interventions efficaces pour réduire la mortalité par suicide.

La Feuille de route santé mentale et psychiatrie*, lancée en 2018 et actualisée en 2021, comprend 51 actions destinées à renforcer la prévention et l’accompagnement des personnes en détresse. Elle intègre la stratégie nationale de prévention du suicide, qui repose sur la coordination d’actions territoriales fondées sur des données scientifiques, comme le suivi des personnes après une tentative de suicide, la formation des professionnels pour détecter et intervenir en situation de crise suicidaire, la prévention de l’effet de contagion, la mise à disposition d’un numéro national de prévention du suicide, accessible 24h/24 et 7j/7.

Parallèlement, la stratégie vise à sensibiliser le grand public, promouvoir la santé mentale et réduire la stigmatisation liée au suicide, afin d’encourager le recours aux aides disponibles et de transformer les perceptions autour de ce sujet.

Quelques chiffres clés en France

En 2023, le taux brut de suicide s’élève à 13 pour 100 000 habitants. Cela représente 8 848 décès sur l’année. On estime par ailleurs à environ 200 000 le nombre de tentatives de suicide chaque année en France. Le suicide constitue aujourd’hui la deuxième cause de mortalité chez les jeunes, ce qui en fait un enjeu majeur de santé publique. Chaque suicide a également un impact bien au-delà de la personne concernée : environ 135 personnes sont exposées à chaque décès. Parmi elles, entre 6 et 14 appartiennent à l’entourage proche, susceptibles d’être endeuillées et particulièrement affectées.**

Ne pas rester seul : des dispositifs d’écoute disponibles

La prévention du suicide repose également sur la possibilité de ne pas rester isolé face à sa souffrance psychique et de savoir vers qui se tourner.

3114 – Numéro national de prévention du suicide : Accessible gratuitement partout en France, 24h/24 et 7j/7. Les appels sont pris en charge par des professionnels (psychologues, infirmiers) formés à l’écoute, à l’évaluation, à l’orientation et à l’intervention. Destiné aux personnes en souffrance, à leur entourage, aux professionnels cherchant des conseils, ainsi qu’aux proches endeuillés par un suicide.

Le site internet 3114.fr, souffrance et prévention du suicide fournit des informations, repères et ressources utiles.

En complément, plusieurs dispositifs d’aide à distance et d’écoute sont disponibles.

Suicide en Pays de la Loire : une mortalité en baisse mais toujours préoccupante

L’Observatoire régional de la santé (ORS) des Pays de la Loire a publié une infographie*** actualisée sur la situation régionale. Si la mortalité par suicide diminue depuis dix ans, elle demeure préoccupante et reste, dans plusieurs départements, supérieure à la moyenne nationale.

Au-delà des décès, les tentatives de suicide constituent un indicateur essentiel de la souffrance psychique. En 2024, 6 % des Ligériens âgés de 18 à 79 ans déclarent avoir déjà fait une tentative de suicide au cours de leur vie, contre 5 % en moyenne en France. Les femmes sont davantage concernées (8 %) que les hommes (5 %). La situation est particulièrement préoccupante chez les jeunes femmes : 12 % des 18-29 ans déclarent avoir déjà effectué une tentative de suicide.

Ces données soulignent l’importance de poursuivre et de renforcer les actions de prévention, en particulier auprès des publics les plus exposés. Si la baisse de la mortalité sur dix ans constitue un signal encourageant, les écarts territoriaux et la fréquence des tentatives de suicide rappellent que le suicide demeure un enjeu majeur de santé publique en Pays de la Loire.

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