Le jeudi 12 mars 2026, la 29e édition de la journée nationale de l’audition (JNA) mettra en lumière un thème central : « Audition & Grand Âge ». À cette occasion, l’association nationale de l’audition (ANA) tire la sonnette d’alarme sur les conséquences d’une perte auditive insuffisamment prise en charge chez les personnes âgées.
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Une perte auditive trop souvent minimisée
Dans les Ehpad, certains résidents semblent coupés du monde. Si le vieillissement cérébral ou les maladies neurodégénératives sont fréquemment évoqués, la déficience auditive joue, elle aussi, un rôle majeur. Un appareil mal entretenu, des piles déchargées ou un simple bouchon de cérumen peuvent suffire à rompre la communication et à accentuer l’isolement.
Pour l’ANA, la santé auditive ne relève pas du confort, mais constitue un véritable facteur de santé. Pourtant, elle demeure encore secondaire dans le suivi des aînés. Or, la privation d’échanges fragilise l’estime de soi, favorise la dépression et altère la dignité.
Un plan national pour replacer l’audition au centre du soin
Face à ce constat, l’ANA lance un programme d’action national sur 2 ans afin d’intégrer pleinement l’audition dans la prise en charge du grand âge.
Les priorités affichées sont claires :
- intégrer systématiquement un suivi auditif dans le parcours médical en Ehpad ;
- former les professionnels de santé, dont une large majorité estime manquer d’outils adaptés ;
- veiller au bon usage des aides auditives (réglages, entretien, port effectif) ;
- maintenir le lien social des personnes non appareillées pour prévenir le repli.
Des supports pratiques, tutoriels et kits d’entretien seront mis à disposition des équipes soignantes. Une évaluation mesurera également l’impact social et économique de ces actions, afin de démontrer que l’audition est un levier majeur de qualité de vie.
Vieillissement démographique : un défi collectif
Alors que la population vieillit, la prévention auditive devient un enjeu sociétal. Contrairement aux idées reçues, la majorité des personnes malentendantes ont développé leurs troubles au fil du temps. La perte d’audition n’est donc pas une fatalité innée, mais un risque évolutif qui peut être prévenu, repéré précocement et compensé.
Reconnaître l’audition comme pilier de la continuité des soins est indispensable pour garantir autonomie et accompagnement digne des personnes âgées.
Une grande campagne nationale de dépistage auditif
À l’occasion de la JNA 2026, l’ANA mobilise les professionnels partout en France pour organiser une vaste campagne de dépistage auditif. Car un constat demeure préoccupant : près d’1 Français sur 2 n’a jamais effectué de test auditif, malgré l’augmentation des expositions sonores.
Selon l’Organisation mondiale de la santé, 1 personne sur 4 pourrait être concernée par un trouble auditif d’ici 2050. Bruit environnemental, habitudes sonores à risque et manque de prévention accélèrent le vieillissement de l’oreille.
Cette mobilisation nationale vise donc à faire de la santé auditive un réflexe, au même titre que la nutrition ou l’activité physique. Préserver l’audition, c’est préserver le lien social, l’autonomie et la dignité, à tout âge et particulièrement chez les aînés.
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